Des travailleurs racontent…

Nathalie, rédactrice, a quitté son emploi à temps plein vu l’absence de mesures de CTF :« Dans un monde idéal, j'aurais aimé travailler trois ou quatre jours par semaine »

Lorsque j’étais salariée, mon patron était assez flexible si j'avais une « bonne raison » (un enfant malade, par exemple). Dans ce cas, je pouvais faire un peu de télétravail, mais j'ai dû m'équiper et m'organiser pour être fonctionnelle moi-même. De toute façon, je n'avais pas vraiment le choix parce que je n'étais pas remplacée, donc le travail devait se faire quand même et j'avais une grosse tâche.

J'ai offert de laisser mon surplus à un collègue, pour qu'il obtienne une tâche à temps plein plutôt que deux tâches à mi-temps, mais ma demande a été refusée parce que notre supérieur croyait impossible de combler l’autre poste à temps partiel... Il paraît que personne ne veut de poste à temps partiel…

Dans un monde idéal, moi, j'aurais aimé travailler trois ou quatre jours par semaine pour cet employeur. J'aurais aussi aimé pouvoir faire plus de télétravail (sans être obligée d'avoir un enfant malade à la maison) et j'aurais pris plus de semaines de vacances pour profiter de la présence des enfants l’été.

En passant, on propose parfois les garderies sur les lieux de travail comme mesure de CTF. Personnellement, j'aurais détesté ça. Ça m'aurait probablement obligée à faire plus d'heures (en n'ayant plus l'excuse de la gardienne).

Nancy, employée de production, travaille dans une usine qui offre des mesures de CTF :« Rien en ce moment ne réussirait à me convaincre de changer d’emploi, même pas un meilleur salaire »

Nous bénéficions d’un horaire variable, accessible à tous les employés, ayant enfants ou non. Premièrement, il s'agit d'un travail de production, donc il n’y a pas d’heures d'affaires à respecter pour les clients.

Le principe est simple. Nous avons le choix entre des semaines de 40, 37, 36, 32 ou 24 heures par semaine. Que ce soit pour équilibrer notre vie personnelle et notre travail ou encore pour prendre une semi-retraite tout en conservant notre emploi, c’est l’employé qui choisit son nombre d’heures.

En plus, je choisis les heures où je travaille, entre 6 h et 18 h, du lundi au vendredi. Tu peux même quitter pour un rendez-vous et revenir ensuite finir ta journée, sans perdre d’heures, car elles sont planifiées pendant tes périodes de disponibilité.

L’avantage pour l'entreprise est la réduction significative de l’absentéisme, comme tout le monde « fait » ou reprend son temps.

Quand il y a du temps supplémentaire à faire, il y a toujours du monde disponible, car c’est du temps à mettre en banque, pour quand tu as un enfant malade, par exemple. On a le choix de mettre le temps en banque en temps simple ou de se le faire payer à temps et demi. Quasiment tout le monde le met en banque.

D’autre part, nous avons droit à cinq jours de maladie par année, soit 0,80 heure par semaine (pour un horaire de 40 heures) qui s'en va en banque. Comme moi j'ai choisi de faire 36 heures par semaine, j'ai 0,72 heure par semaine qui s'en va dans ma banque d'heures.

Une fois, à peine deux semaines après mon embauche, j'ai dit à mon contremaître que la garderie appellerait sans doute parce que mon petit dernier avait l'air malade. Il m’a conseillé de retourner le chercher, car il préférait que je sois avec mon enfant à la maison que de rester au travail, la tête ailleurs.

En résumé, je crois que c'est vraiment la mentalité des dirigeants qui a permis ce virage et tout le monde (employés et employeur) en sont gagnants.

Anonyme, avocate, déplore l’absence d’ouverture envers le travail à temps partiel :« À ce jour, je n’ai recensé aucune offre d’emploi à temps partiel affichée dans les sites de recherche d’emplois »

J’ai un diplôme, j’ai une carrière. Je suis avocate. J’adore mon travail. J’œuvre dans le domaine public et, malheureusement, je n’occupe pas un poste permanent. Je suis aussi une maman et j’aime être maman. 

Je n’ai pas envie d’être une maman fatiguée par son boulot et ses mille choses stressantes à faire et à penser en même temps. Bravo pour celles qui sont physiquement et psychologiquement capables de tout faire et d’en sortir indemnes. Pas moi. Je ferai de mon mieux, certes, simplement parce que je n’ai pas le choix, je dois survivre. Chanceuses sont celles qui ont le choix.

Malgré moi, j’ai naturellement mis de côté mon ambition professionnelle et je l’assume pleinement. Ce n’est que temporaire, ai-je envie de dire à ma mère, celle qui espère silencieusement que je garde mon indépendance. Conflit de générations dans lequel je n’ai pas envie d’embarquer.

Je me sens bousculée dans ma maternité. J’en veux à la terre entière même si je sais pertinemment que je suis la seule responsable de mes choix et de ma vie.

J’ai imaginé tous les scénarios possibles et ma seule issue serait de travailler à temps partiel. Dans mon emploi actuel, il est impossible de travailler à temps partiel et, pire, gare à ceux qui osent le demander, ils risquent de se retrouver avec un pied dans la porte. Non, je ne peux risquer de perdre mon emploi au détriment de ma famille. C’est tellement vrai que c’est la raison pour laquelle je ne peux m’identifier et signer mon texte en toute liberté.

À ce jour, je n’ai recensé aucune offre d’emploi à temps partiel affichée dans les sites de recherche d’emplois. Je suis prise entre l’arbre et l’écorce. (Source : www.mamanpourlavie.com)

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